Musiques surtout, d'hier et d'aujourd'hui. Au gré des envies et des découvertes.
Tennis - Petition ( Young & old LP)
Dansons un peu avant l'apocalypse. Et rions aussi tant qu'on y est. Sur le dernier album très convaincant de Tennis, Young & Old, il y a cette petite bombe pop et sautillante, de celles qui vous rentrent dans la caboche avec des ventouses de plombier ricain (qui doivent être plus grosses que les autres non ?). Je vous laisserai apprécier la qualité du morceau et vous invite d'ors et déjà à écouter l'album en entier, joli rayon de soleil acidulé qui nous laisse déjà espérer un bel été.
Ce qui m'a amusé lors de la rédaction de cet article, internet oblige, ce sont ces improbables collusions entre nom de groupe et titre de chanson qui occasionnent parfois d'étranges requêtes sur Google. Si vous tapez Tennis + petition, vous tomberez très vite sur une réclamation sportive qui n'a rien à voir avec la musique du duo de Denver emporté par la voix caressante d'Aliana Moore. Et c'est ce qui m'amuse à l'heure du web. Combien certains artistes demandent plus d'efforts pour séparer le bon grain de l'ivraie. Si en France il n'y aucun problème avec des identités fortes comme Bertrand Belin ou Benjamin Biolay, allez donc taper Revolver, Téléphone ou Rover et vous pourriez bien trouver de quoi commettre un meurtre, vous équiper chez France Telecom ou chez un concessionnaire. Je ne compte plus le nombre de groupes que j'ai maudit de porter des noms improbables, les pistant inlassablement dans le dédale vertigineux des occurences d'un moteur de recherche. Je lance d'ailleurs ici une pétition contre tous ces artistes qui se foutent de la gueule du monde : !!! (prononcez Chk, Chk, Chk, ah ouais), Caribou, Girls, The DØ et son putain d'accent barré, les MSTRKTFT et l'obligation d'avoir une maîtrise de lettres pour les découvrir... Et j'en passe.
Et alors que, conscience "professionnelle" oblige, j'effectuais des recherches sur ce single de Tennis, je me suis amusé à imaginer combien certains artistes pourraient se jouer encore plus de la recherche internet. Par des dénominations vicieuses ou des rencontres hilarantes entre nom de scène et nom de titre, d'album. Des exemples ? Imaginez un groupe néerlandais en devenir choisir Hollande - President. Ou chez les confirmés, Dominique A - Dada (le mouvement surréaliste bien sûr), Soko - Danse (pardon), voire ceux qui sont partis trop tôt, Marvin Gaye - Friendly. Pour aller plus loin, je propose même, à l'image de ce qu'avait tenté Prince avec son Love symbol, que de nouvelles stratégies d'échec voient le jour : futurs talents qui me lisaient, osez le suicide commercial de la requête internet impossible. Appelez-vous Coca-Cola, Compte rendu de la réunion départementale sur les nouveaux aménagements territoriaux, ou bien plus simplement, xeeel&pâ-grrr/AaRAl$. De l'audace que diable.
A signaler, toujours dans la même perspective ludique, deux bouquins aussi passionnants qu'inutiles pour ceux qui comme moi aiment les bizarreries musicales, les listes dispensables et les anecdotes futiles : le Dictionnaire de la mauvaise foi musicale (que tout critique devrait avoir lu au moins une fois dans sa vie) et les Miscellanées du rock. De quoi alimenter les dernières soirées d'hiver, en écoutant Tennis en boucle.