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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 18:17
 Staring at the sun

On ne peut pas dire que chez Euphonies on se passionne pour l’actualité Reggae, Dub etc… Pas par mépris, plutôt par méconnaissance. Mais quand vient l’été, il est toujours agréable de se laisser bercer au son de rythmes bidouillés, chaloupés, tout entiers réfléchis sur le métronome d’un hamac.

 

Dans la lignée d’un Thievery Corporation et son Radio Retaliation, (toujours parfait pour les soirées qui s’embrument et s’éternisent)  le Don’t follow Babylon de Vibronics, sorti cette année, saura naturellement trouver sa place dans une compilation mêlant electro lascive, reggae old school et autres sonorités héliosoniques…

 

La preuve :

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 18:55
Dans ma cabane une platine # 38

Après une période textuellement chaste, voici enfin la Cabane de juin. Ce n’est pas faute d’artistes, d’envies, de propositions, mais il est des mois où tout conjuguer est une gageure…

 

Euphonies sera très présent cet été. En particulier sur les festivals bretons. Nouveauté en 2015,  nous irons pour la première fois couvrir le Bout du Monde à Crozon. Belle programmation, on en reparle. Et puis dans la foulée, le rendez-vous habituel de la Route du Rock. Et puis plein d’autres surprises, à suivre sur la page Facebook.

 

Profitez bien de ces jours caniculaires, de ces moments hors du temps où l’on poursuit les derniers rayons du soleil, un verre de blanc à la main. Faites-vous poètes, démiurges, artistes. Regardez les grues rouges et blanches,  sortez de chez vous, noyez votre plaisir dans la température. Parlez du Tour de France ou de politique, du sens de la vie… Ca fait du bien. Et c’est encore mieux avec cette bande son :

Claude Joseph Vernet / Nuits méditéranéennes

Claude Joseph Vernet / Nuits méditéranéennes

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 14:16
Automatic mots bleus for the people

Cristal Automatique - Babx
 

Une envie de comprendre m’amène à écrire pour m’adresser à vous sans vous connaître. Esthètes mélomanes, amoureux de la langue, de la poésie malade ou illuminée, acceptez cette injonction. Accordez à vos tympans, convalescents ou pas, le clinquant du son de mots rédempteurs et d'une musique porteuse. En d’autres termes, faites-vous du bien.
 

Voici presque dix ans que Babx m'inspire. En 2006, l’amour me fait découvrir un premier album sans nom, qui a l’effet d’un coup de masse. Crac. Maniaque de l’allitération martelée, soutenue par un piano plus insidieux qu’un larsen, mon échine a du plier. Je rencontre un maître. En 2007, il me happe en concert aux Bouffes du nord à Paris, grandiose écrin, trou de plâtre et de vermoulures où il chantait comme une rivière. Puis, deux ans plus tard, nouvel électrochoc. Un album d’une classe inouïe, amalgamant déjà larmes et assauts émotionnels sur mon cerveau poreux. La musique, c'est la matière.

 

Babx peut écrire « J’suis pathétique à crever, Dis t’as pas vu ma gueule ? » sans nombrilisme crasse et vain, avec figures de style, en personnifiant un lieu dans lequel trouver refuge. Un navire abandonné, un ballroom où la poussière se dépose sur les lustres. Qu’elles se déposent, ces particules élémentaires, sur la source de lumière pour qu’elle aveugle moins. Ainsi, nous pourrons « le tranchant de l’œil en éveil », la regarder sans se brûler. Dans la chanson française, les illuminations sont rares, alors par soif de lecture, on laisse l’ampoule allumée.

Lorsqu’il perd de vue les lueurs, Dominique A part à vau-l’eau  « Aujourd'hui braderie, j'offre tout ce que j'ai, Je donne tous mes objets mes souvenirs aussi contre un sens à ma vie, Même un qui a fait son temps, Même un peu décevant » (Le Sens).
La musique c'est la lumière. 
 
Benjamin Biolay, lui, se met au verre et regarde la végétation tout recouvrir « Tant qu'on ne sait pas le coup de frein, qui vous brule à vif un jour de juin, Tant qu'on ne sait pas que tout s'éteint, on ne donne quasi jamais rien. Tant qu'on ne sait pas que tout éreinte, Tant qu'on ne sait pas ce qu'est la vraie crainte, Tant qu'on n'a jamais subi la feinte, Ou regardé pousser le lierre qui grimpe… » ( La chanson des vieux cons ).
Bashung, enfin, joue les laborantins « J'y suis tombé, quelle autre solution que de se dissoudre… Faites monter l'arsenic, faites monter le mercure, faites monter l'aventure, au-dessus de la ceinture. Et les pépites ? Jetez-les aux ordures. » (Faites monter).

Babx, de son coté, échafaude une œuvre sur un paradoxe, une contradiction poétique. Il explose dans l’expression, savoure l’énergie procurée, et semble reconnaître, avec une mélancolie immédiate, que c’est déjà passé. Ressentir pleinement mais perdre et devoir recommencer. Comme quand on tombe amoureux. Entre envie viscérale de partager avec le monde et reflexe instinctif de garder pour soi, pour sa « survie ». Ranger le précieux dans sa pharmacie personnelle. « Ô doc ! Emmène-moi danser de folles tarentelles, pour toi je serai belle » (Electrochoc Ladyland). Médicaments ou drogue, certains mots nous font croire qu’ils soignent alors qu’ils nous font glisser. « Quand tu m’embrasses, C'est ma piste de glisse, mon piment de réglisse, ma Norma de Callas ». La musique c'est la n
ature et la science.

 

Babx, en cas de vague à l’âme, fait couler son cœur fêlé en le remplissant d’eau salée, pour le noyer. Et remonte, allégé. Par politesse intellectuelle, il ne laisse rien s’échouer sur la grève. Il burine, sculpte, lisse, polit. « Il faut que ca passe », que ça inonde. L’écrivain Olivier Adam dit de lui : « Sa musique est définitivement organique, parfois tendue parfois languide, toujours sensuelle. Abandonnée mais tenue. Des fanfares déglinguées y arpentent des cabarets en ruines. Les musiciens semblent échappés d’un orchestre ivre, et rescapés des saloons du Titanic ». Mer et naufrage. La musique c'est l'eau !

Nouveau tourbillon bouillonnant de poésie, qui contourne les règles et les balises des maisons de disques frileuses, Cristal automatique, sort sur le nouveau et propre label de Babx, Bison Bison. Deux ans après Drones Personnels, il met en musique les mots des autres. Pas n’importe lesquels ! Babx s'y révèle dans toute sa substantifique. Deleuze y côtoie Artaud, qui introduisent les mots de Genet, Baudelaire, Césaire, Prévert et Barbara. D’Arthur Rimbaud, aussi, dans une interprétation sauvage et possédée du Bal des pendus. La langue anglaise, également fondatrice, fait tenir debut l'édifice. Ah ! Pull My Daisy et sa poésie beat, sortie des caveaux et cerveaux jazz de l’Amérique des outcasts vénérés Allen Ginsberg, Jack Kerouac et Neal Cassady. Sur la route, Tom Waits, l’attend au bar avec un bourbon. Ils entonnent de concert Watch Her Disappear et leur voix de poètes timides se confondent presque en excuse.

 

Il faut citer enfin un nouveau venu dans le panthéon, Gaston Miron (1928-1996), poète canadien auteur d’un morceau fleuve qui irrigue les veines de ce disque, et le porte aux nues. Babx confiait récemment dans Nouvelles vagues, sur France Culture, le « basculement » qui a suivi la découverte de ce texte, La Marche à l’amour, lui faisant adopter à jamais une nouvelle foulée. 10 minutes qui transpercent de part en part, transpercent les remparts. La musique se situe ici, entre prose et poésie.
 

Finalement la musique, comme l’amour, embrasse tout : matière, lumière, chimie, élément naturel. Et pour la resentir, heureusement, il reste les mots, que Babx voit bleus. Comme ceux qui, automatiquement, cristallisent les émotions et rendent les gens heureux...

« Cristal Automatique #1 » est sorti en édition classique digipack le 22 juin, distribué par l'Autre Distribution ainsi qu’en édition limitée, à 350 ex numérotés et signés, avec des illustrations du plasticien Laurent Allaire.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 18:30
Les Souvenirs Devant Nous

Mandarine - Les Innocents

 

L’arlésienne. Cela aurait pu être un titre des Innocents, c’était devenu le nom de code d’un nouvel album inespéré, avorté dans l’œuf et donc fantasmé. Depuis Jodie en 87 et en quatre albums, le groupe de JP-Nataf et Jean Christophe Urbain, avait prouvé qu’on pouvait inventer une pop lyrique, exigeante et jamais mièvre malgré des arrangements lumineux, de douces harmonies.  Dans une chanson française frugale partagée alors entre références pointues ou variétés populaires, Les Innos, (faits aussi à l'époque de  Rico ou Tramber) semblaient avoir trouver un point fragile d’équilibre qui pouvait mettre tout le monde d’accord.

 

Parce que le talent ou la beauté, ce n’est pas qu’une affaire d’accords, de technique, voire d’attitude. C’est aussi cette capacité de faire résonner son supplément d’âme, d’allier ligne claire et pattes cassées, traversée épique et sombres textes flottant sur la pellicule d’eau. Voilà la grande réussite des Innocents depuis le début : avoir su marier un texte ciselé, parfois surréaliste, parfois intimiste, avec des envolées mélodiques et solaires, hippies ou tendrement philosophes. L’autre FinistèreUne vie moins ordinaire… On sait le goût de Nataf pour les allitérations, les métaphores dévergondées, les allusions imagées, prolongées dans ses deux albums solos malheureusement restés confidentiels.   Et en 2015 on aimerait pouvoir rajouter quelques perles à ce collier de contradictions, d’expériences entre voix, texte et balades humanistes.

 

Mandarine ne déçoit pas. Porté par un single éclaireur et rassurant (Les Philarmonies Martiennes, sublime résumé du génie euphonique du groupe), l’album propose des tubes pour esthètes en goguette, pour sujets sensibles qui tapent quand même des doigts sur la cuisse. Love qui peut, est une rigole qui n’en finit pas de descendre vers la lumière, Harry Nilson une confession où plane l’ombre de Doisneau, J’ai couru une géniale cavale dont le pas mélodique semble pouvoir ne jamais s’arrêter, en retard sur la vie.

 

Il n’y a rien de pire que d’assister à la décrépitude d’un artiste. Au contraire Les Innos ont su attendre et proposer un album à la hauteur de leur réputation, sans révolution, mais déjà digne de leurs meilleures signatures. Et quand on parle de leur œuvre, cela veut tout dire.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 11:23
Dans ma cabane une platine # 37

Quand j’ai ouvert la porte de ma cabane il y a maintenant quatre ans, c’était une modeste cahute susceptible de vaciller au moindre coup de vent. Et puis des gens sont passés par là, des errants, des festifs, des noceurs. Il y avait du monde tous les jours, prêt à donner un coup de main, à pousser les murs. D’un coup, la cabane ne craignait plus la pluie, le zef. Il n’y avait pas un soir sans visiteur, et petit à petit, il fallut penser à une extension. Je ne suis pas architecte, mais l’ensemble prenait forme.

 

J’ai reçu des cartes postales, j’ai installé le téléphone. Propriétaire des lieux, mais hôte accueillant. La cabane grandissait, et via un télescope, j’envoyais des codes lumineux à la grande ville. Certains me répondaient, pour une histoire fidèle. Je passais les voir une fois l’an, j’y étais encore la semaine dernière. Et pendant ce temps, d’autres extensions poussaient, je ne contrôlais pas tout. La charpente devenait solide, et je n’étais pas peu fier.

 

Depuis peu, j’ai opté pour la colocation. Parce que cette cabane est un foyer, une piste de danse sans chaise musicale. Et c’est le meilleur moyen qu’elle devienne un jour un château, une église, un phare. Nous y croyons.

 

En attendant, je viens de poser ça sur la platine :

14 mai 1958 Pierre Soulages

14 mai 1958 Pierre Soulages

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 11:00
Photo : Jacqueline Ledoux

Photo : Jacqueline Ledoux

Troisième et dernier jour. Ceux qui ont comme nous veillé tard depuis vendredi, arpentant les rues, écumant les scènes, éclusant les chopines, commencent un peu à tirer la langue. On a forcément envie de profiter de tout, d’être à la Passerelle, à la Grande scène, dans les bars, on aimerait tout à la fois pouvoir manger, boire, vider sa vessie, tout en écoutant deux concerts et trois amis. Forcément ça fatigue et ce dimanche, on se dit qu’on va prendre son temps. Et tant pis pour ce qu’on ne verra pas. On essaye de s’y tenir mais la frénésie du festival nous rattrape, l’idée que c’est notre dernière chance de voir sentir et entendre en 2015 un St Brieuc galvanisé par tant de propositions appétissantes et variées. 

L'après-midi s'ouvre, radieux, avec la promesse d'un grand écart stylistique, un double-plateau alléchant, sur la scène du Grand Théâtre de la Passerelle, plein à craquer. C'est d'abord la pop-soul ensoleillée des sisters Ibeyi qui a pour mission d'entamer le travail au corps sur le public majoritairement venu pour le voyage proposé par la performance de Dominique A, à suivre. Voix gémellaires en yoruba - langue des esclaves africains de Cuba - choeur à choeur et vocalises réalisées avec la profonde complicité qui les lie, les charmantes Lisa et Naomi prennent le public par la main, pour un moment de partage et de confidence. Leurs folk songs, naissent d'une histoire et d'un parcours personnels riches et suffisent à créer un décor propice à l'évasion, la disposition de deux bougies au bord de la scène promettent d'ailleurs tout le bien que leur récente mise en lumière médiatique suggère. Mais, malgré deux fortes voix et personnalités, l'intention répétée d'embarquer le public à coups de claquements de mains et d'appels au chant collectif, la proposition reste trop légère musicalement et trop fraiche pour provoquer un réel emballement. Le meilleur reste à venir pour les deux filles du percussionniste Anga Diaz, nous les y encourageons et les gardons à l'oeil.  

 

Photo : Ouest France

Photo : Ouest France

Après un court entracte, chacun rejoint son siège pour accueillir l’évènement dominical,  l’avènement Dominique A.  En effet le Petit Théâtre est devenu depuis quelques années un lieu de sacre, un rendez-vous incontournable dont la formule fait mouche chaque année : Benjamin Clementine en 2014 ou Agnès Obel en 2013. A chaque fois l’occasion de faire une pause dans le tumulte urbain de mille propositions pour consacrer la mise à nu, les confessions, le maillage poétique d’artistes incandescents. La présence de Dominique A en 2015 semble donc une évidence, tant son œuvre polymorphe peut aussi se prêter au jeu du récital ciselé. Sa présence nous est également urgente, pour mesurer les ajustements réalisés depuis un début de promo Eleor en demi-teinte à La Carène.

 

Est-ce l’aléatoire des combinaisons secrètes, le temps, le jour, le lieu ? Dominique A a livré ce dimanche un concert magistral, élégant, essentiel. Dès Cap Farvel, le La est donné, le son est tranchant ou rond quand il faut, l’acoustique est parfaite et nous permet d’apprécier d’un seul tenant texte, voix, lumières. Mais aussi la gestuelle, celle d’une ballerine délicate au corps taurin, celle d’un boxeur funambule incarnant le point d’équilibre du set. Puissance et délicatesse, incisions et caresses, sentiments contrariés ou sublimés. Oxymore vivant.

 

Passeront les récents Nouvelles vagues, Par le Canada, ou Au revoir mon amour, tous superbement défendus. Mais aussi des bijoux déterrés comme Music-Hall, Revenir au monde, Rouvrir. L’artiste se fait jongleur impérial, livrant une proposition perméable aux émotions d’époques fusionnées. Dominique A ce dimanche tient le gouvernail d’une inquiétante étrangeté, celle d’impressions qui ont toujours la suprême élégance de nous laisser en creux une place pour s’installer.  Avec, dans les intervalles, cette malice en contre-point, parce que l’homme est tout sauf un barde triste. La messe est déjà dite quand Un Courage des oiseaux libère le public de son siège pour un final épique, syncopé, brut. Standing Ovation méritée qui entraine un rappel généreux, dont une intense version de L’horizon qui doit encore aujourd’hui palpiter sur l’échine des chanceux présents ce jour-là. On sort de là bousculé, étourdi, réconforté. Convaincu d’avoir vécu le moment précieux qui légitime le festival.

Photo : Ouest France

Photo : Ouest France

Il est presque 18h00, et la déontologie devrait nous enjoindre à rallier la Grande Scène, pour ce Vaudou Game qu’on avait entouré dix fois sur le programme. Seulement, en ce début de soirée, nous sommes rincés, en manque de pauses et d’échanges. Retrouver la lenteur. C’est ainsi que nous décidons de vivre Art Rock côté bar, facette souvent oubliée des chroniqueurs mécaniques. Tant pis aussi pour Sax Machine qui d’après nos sources a fait plus que le job, on n’en doutait pas. Il faut encore recharger les batteries, et surtout vivre un St Brieuc de l’intérieur, réveillé par le festival. Ce sera à L’Arbalaise où les Djs de Crab cake Corporation, résolument funk-soul, offriront l'occasion d'un beau moment de Break-Dance improvisé par un gamin tout surpris d’avoir son quart d’heure de gloire. C’est le double effet Art-Rock dans une ville comme St-Brieuc, et ça fait plaisir de voir les habitants reprendre possession des trottoirs, danser sans pudeur, au rythme d’un village à l’unisson du festival.

 

On passera par Selah Sue pour se donner bonne conscience. Pour assister à une prestation polie, trop sage, sans crête susceptible de nous retenir. Fuyons alors vers Acid Arab (DJ Set) qui saura sur la scène B offrir au public un show enthousiaste et assez différent de leurs propositions sur album. Si on frôle parfois la kermesse des Balkans à la Shantel, il faut reconnaître au duo une énergie communicative et un sens aigu de la composition festive, arabisante et technoïde qui ravira des festivaliers en manque d’ultimes mouvements de bassins. Joli moment, jolie passerelle pour le forum où Shamir et Moodoïd nous attendent.

Photo : Morgane Lelchat (coucou Menthol à droite de la scène !)

Photo : Morgane Lelchat (coucou Menthol à droite de la scène !)

Shamir. On peine à croire nos oreilles et nos yeux : cette voix androgyne, parfaitement maitrisée pourtant peu maniérée, ce charisme éclatant… non, cet artiste ne peut avoir seulement 20 ans ! Shamir, bidouilleur téméraire, ouvre la fin de cette dernière soirée du festival en nous plongeant instantanément dans un bain délicieusement suranné, dans ce que les 80’s ont fait de plus groovy, de plus sensuel de plus dansant sans artifice, naturellement. ESG, Mickael Jackson, Prince, évidemment les meilleures références jaillissent : il ne les a pas volées. Ce gamin qui chante Sometimes a man a hâte de grandir, tout simplement ! Avec un potentiel fédérateur « à la Madonna » – car l’homme est si fin qu’on lui trouve sans mal des airs de diva – la bande à Shamir déploie une pop primitive et soul, urbaine, racée et surtout chaleureuse et touchante dans son rapport au public. Le tubesque On the regular rend le verdict irrévocable. Rendons grâce  à la programmation idéale (timing, horaire, jour) qui a permis de révéler un tel potentiel et rendez-vous très prochainement pour suivre, avec nous, la route de ce petit gars de L.A.

 

Moodoïd. Apparences et apparats sont parfois là pour déguiser ou combler les manques. Chez Moodoïd, on met les bouchées doubles : l’habillage tient du rococo disco et l’enrobage est un véritable sucre glace, tant la production discographique du groupe use et abuse de réverbération. Tant que l’on pouvait craindre cette prestation dans le Forum de la Passerelle, à l’acoustique si peu matifiante. On ne va rien cacher, la résonnance du lieu ne valorise pas le jeu collectif  très fourni du  quintet dont le son est pourtant très en place. La palette de couleurs est fournie mais les touches de pinceaux, nombreuses, ne s’agrègent pas. Il nous faut nous concentrer à cette heure tardive, et après trois jours de sollicitation intense, mais diable, oui, ces compositions riches révèlent bien dans le détail, leur richesse pailletée. A grands coups de Heavy metal be bop (pourtant sans cuivre pour ce concert), La Lune et autres Les filles font que le temps est jouissif le forum prend des allures harem ! L’image du chanteur gourou (Pablo Padovani) entouré de ses musiciennes, muses concubines belles et talentueuses, n’est pas fortuite. Ce groupe est un hymne aux délices dorés.On cherche et on trouve les références : de Soft machine à Jefferson Airplane, ou bien plus proche de nous de Conan Mockasin et Tame Impala, au bout de quelques morceaux les avis s’échangent et se fracassent dans la fureur d’une fin de festival dédiée au style (« Faith No More » - ha non, je confonds, n’importe quoi, Marco ! et pourquoi pas les Aline « si si, cette quête décomplexée de plaisir électrique ! » tant que vous y êtes !?).
De retour chez nous, les sens en éveil, nous réécouterons. Encore fiévreux, nous nous féliciterons d’avoir été aux première loges et nous en redemanderons, car, comme le pensait Yves Saint Laurent, « La mode est une maladie incurable ».

 

photo Anne Yven

photo Anne Yven

Fin d’Art Rock 2015. On gardera pour nous l’indicible de ces trois jours, ce qui peut se passer entre deux morceaux, parce qu’il faut y être. Mais l’essentiel est là. Nous n’avons évidemment pas tout vu, tant l’offre exige le don d’ubiquité. Et puisque le festival se déroule entre Cannes et Roland Garros, nous souhaitons renvoyer la balle et remercier tous ceux qui nous ont permis de vivre cet événement dans les meilleures conditions, tous ceux qui nous ont donné envie de revivre ça l’année prochaine. Alors merci d’abord à Harmony (en particulier pour Dominique A), Laetitia, Elsa, Quentin de l’équipe Wild rose/Art rock pour leur disponibilité, leur professionnalisme. Et de façon plus personnelle, merci à Morgane pour sa photo et sa « descente de scène », Didier pour sa gentillesse et son humour ad-hoc, Alban pour son humour tout court, le duo comique de Menthol (Ju, Marco, vous pouvez préparer un two-men-show au plus vite), Annabelle et Hervé, Anissa (Mme Berrou), Myriam et Jordan pour l’hospitalité, à Guillaume pour le choix des melons et bravo à Fred pour le plus grands des « Yeaaaahhhh la mode ! », Thom et notre conversation du samedi soir, et enfin MERCI à Marie, Yves-Ma, Cha et Lucie pour l'anniversaire à l'Arbalaise.

 

Un immense merci à Jacqueline Ledoux pour sa présence, sa générosité, sa gentillesse et… ses magnifiques photos.

 

A l’année prochaine pour une 33ème édition dont le thème sera "United paintings", la peinture sous toutes ses formes. Yeah ! Art Rock 2016 !

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 14:08
Photo : Morgane Lelchat

Photo : Morgane Lelchat

Comme chaque année, le samedi connaît un record d’affluence à Art Rock, et ce n’est pas la concurrence de l’Eurovision qui changera la donne. Comme vous pouvez l’imaginer, à Euphonies, on  privilégie l’immersion dans le vivant, au concours observé  depuis le divan, le live à l’écran, le bruit et la fureur au confort moderne. Mais on pourrait imaginer, à l’instar de Christine & the Queens qui s’en amusait sur scène, donner des bons ou mauvais points aux artistes présents avant hier-soir.  

 

Les cancres :

 

Lily Wood & the Pricks (two points) Le jugement peut paraître sévère sachant que le public avait l’air de passer un agréable moment, en particulier devant le « tube » Prayer in C multi diffusé en habillage sonore TV. Cependant, la guirlande ne fait pas le sapin et pour le reste, c’était encore vert, sec, et sans grande imagination. Le concert a ronronné comme un jeune chat, mignon tout plein, mais encore limité par une gamme monotone et sans réelles modulations.

 

 

« Fantômes » la grande parade de JCDC, parrain de l’édition, attend le public de la grande scène à minuit passé. Elle cristallisera de nombreuses critiques. Justifiées. Non, nous ne sommes pas difficiles, la preuve : nous acceptons 10 bières coupées à l’eau, 3 changements de saison au cours d’une même journée, 2 annulations, maints aléas du direct et prises de risques en public. Nous sommes là pour ça. Nous sommes à même d’apprécier un délicieux breuvage ou met, quel que soit son contenant, fut t-il gobelet, carton ou coup(ette)...  Mais là, c’est en trop, elle déborde. Une princesse et une reine de la pop, qui venaient de se produire, avaient peut-être rassasié nos envies de légèreté ; c’est possible. Les bretons, qui ont pour réputation d’avoir la tête dure, donnent peut être l’image de joyeux festifs manquant parfois de distinction, c’est encore possible ; mais déconsidérer à ce point notre capacité à distinguer l’art du cochon, la proposition sensée de l’inconsistance insensée, tient de l’affront voire de l'indigence. On ne saurait parler de création tant la mise en scène, et l'intérêt des collections bigarrées mais grossières, présentées lors de ce défilé n'a su nous toucher. Quant à la musique néo-techno-bretonnisée, nous le regrettons amèrement, elle n'a eu d'autre intérêt que de scander sur scène une marche désabusée et parfois écoeurante au vu des sommes engagées dans l'affaire. « Two points ». 

Les « peut mieux faire » :

 

On ne cachera pas notre déception devant le set trop poli de Superpoze (six points). Dans une ambiance nocturne parfois subtilement traversée par un joli jeu de lumières, le jeune prodige caennais déroule une succession de morceaux lancinants, aux effets hypnotiques convaincants, portés par des infrabasses nécessaires, à l’image du magnifique album Opening.  « A l’image »,  et c’est bien tout le problème tant la prestation ne décolle jamais vraiment, comme si on écoutait le cd, mais avec l’artiste, en bonne compagnie, dehors. D’ailleurs, concédons à Superpoze le handicap d’un espace mal pensé. Si l’idée d’une scène B plus électro est plutôt bonne en soi, le lieu renfoncé derrière un petit muret et amputé visuellement par les feuillages d’arbres aux premières loges, ne permet pas de rendre hommage au travail visuel des artistes.

 

 

 Yelle. La grande prêtresse mode et musique de cette édition pouvait en toute objectivité  se complaire et roucouler de bonheur dans ce qui ressemblait à une soirée d’intronisation. Mais si l’envie d’avoir envie était bien là, parfois elle ne suffit pas. Certes, son plaisir fut souvent communicatif, cette heure de gloire et son partage bariolé, sympathique, mais on attendait bien plus de créativité et donc, peut-être de « folie » de la part de l’auteure vive et accrocheuse de « Complètement fou ». Un comble.

 

Superpoze. photo : Anne Yven

Superpoze. photo : Anne Yven

Les premiers de la classe :

 

 

Les francais d’Isaac Delusion (twelve points) ont confirmé tout le bien qu’on pensait d’eux à l’écoute de leur premier album éponyme. Dans une ambiance survoltée, la formation a montré qu’elle était capable de dépasser la simple digestion réussie de multiples infleunces (d'Aphex Twin à Sufjan Stevens en passant par Bonobo) en sublimant leur format pop planant et progressif. Résultat : de vraies pépites taillées pour la scène ! Le public ne s'y trompe pas et savoure la grand messe sonique de la soirée. L’énergie fusionnelle est palpable tant les garçons sont unis dans un même mouvement euphorique communicatif, transcendé par la voix puissante et aérienne de Loic Fleury. Un des grands moments du forum.

 

 

Elle était attendue, devant un parterre bondé et conquis d’avance, et elle n’a pas déçu. Christine & the Queens (twelve points), accompagnée de ses trois danseurs, a proposé un concert ultra maitrisé, mélangeant intelligemment les ambiances et les citations bien senties : Who is it  de Michael Jackson, une évidence,  mais aussi du R'n'B où Christine nous demandera de « réveiller le Beyoncé qui est en nous ». La chanteuse protéiforme semble encore éprouver beaucoup de plaisir à rencontrer son public, à tirer sa force du dialogue espiègle qu’elle construit avec lui, pour un show aussi visuel que sonore. Seul piège qui semble la guetter, c’est un systématisme artificiel dont on perçoit déjà l’écueil.

 Christine concluera sa prestation avec un clin d’œil à l’actualité euromusicale : « Saint Brieuc, tu avais une voix à faire pâlir d’envie tous les candidats de l’Eurovision. Merci encore pour ta chaleur humaine ! » 

 

En ce samedi l’enceinte protectrice du grand Théâtre de la Passerelle était l’écrin d’une proposition hybride et pluri-sensorielle comme le festival ART ROCK est à même de nous offrir. Micro , la performance décalée et délirante du chorégraphe Pierre Rigal, interprétée par la Cie Dernière minute est un Janus à deux têtes. Un projet schizophrène qui a pour ambition de rejeter et d’encenser, de ridiculiser et de glorifier le même sujet : le rock et tous les codes qui le composent et en constituent aussi tous les travers. Faussement débauchée vraiment millimétrée, la performance évolutive de ce groupe de rock qui nous en rappelle un millier d’autres convoque le mime, le clown, l’imitation, la parodie, l’acrobatie, la danse contemporaine... Un vrai numéro d’équilibriste en milieu hautement électrique. Aux croisements de ces disciplines, sont évoquées le rapport au son, à l’amplification, au star system, et à la folie nombriliste de grandes figures du genre qui ont bâti des carrières entières sur des fragilités. Attention, haut risque d’incendie ! Le rock est un animal qui se mordra toujours la queue et nous, éternel public adolescent, le regarderons faire en jouissant, complice et consentant. La performance laisse le public hébété face à une scène dévastée. « You’re a Rock N Roll Suicide », chantait le Thin white duke, qui accorderait sans douter un fairplay twelve points à ces enfants de la balle.

Christine & The Queens. Photo : Jacqueline Ledoux

Christine & The Queens. Photo : Jacqueline Ledoux

Micro. Photo : Anne Yven

Micro. Photo : Anne Yven

Le troisième et dernier report d'Art Rock très vite !

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:00
Art Rock 2015 # 4

Yeah la mode ! Hier soir à St Brieuc on a vu défiler une première salve d’artistes prêts à porter fièrement leurs couleurs, leur style, leurs motifs, dans un ensemble, certes bigarré, mais finalement réunis par une même ligne : l’énergie électrique.

 

Notons cependant un premier bémol : telle une fashion-week très policée et ultra contrôlée, de nombreux festivaliers se sont plaints de l’inertie et de la difficulté d’accéder à la grande scène en temps et en heure. Yeah le retard !

 

Pour les chanceux cependant, c’est avec VKGN que l’on appréciera la tendance  printemps-été 2015 d’Art Rock. Enfilant à la dernière minute la tenue de Blue Pills, aux abonnés absents, le projet pop du charismatique Thomas de Pourquery trouvera scène et public à sa taille, proposant un set ultra convaincant et dansant, emporté par la voix étonnante d’un saxophoniste en mode chanteur xxl. Yeah ! le début.  

 

Arrive ensuite Izia qui présentait une nouvelle collection de morceaux francophones. La coupe est ajustée, sans fioritures, et la miss déborde (un peu trop) d’enthousiasme sans parvenir réellement à cacher le classicisme vain de son rock vintage. Ca bouge dans tous les sens, ça multiplie les effets de manche, mais on reste au final sur sa faim parce que la bonne volonté ne fait pas tout. Yeah ! A table.

 

C’est le ventre plein qu’on assistera à la prestation du duo franco-finlandais The DO. Si le set manque un peu de surprises, on ne boudera pas notre plaisir face à une playlist au tombé impeccable et au charisme indiscutable d’Olivia Merilahti toute de rouge vêtue. L’occasion de prendre la mesure d’une progression impressionnante depuis trois albums, toujours plus riches et bidouillés sans sacrifier à l’essentiel mélodique. Saluons également la bonne idée de s’être réappropriés le remix haute couture de Too Insistent par Trentemöller. The Do était sans conteste la pièce maitresse de la grande scène. « We are ready to take off » nous disait Olivia hier soir. Yeah le décollage !   

photo : Jacqueline Ledoux

photo : Jacqueline Ledoux

Etre accrédités en ces temps de restrictions, nous fait l'effet de fouler un tapis rouge, nous donne une aisance qui nous pousserait presque au snobisme si nous n'etions pas consciencieux. Alors, non, nous ne bouderons pas la tête d'affiche, mais, avouons-le de but en blanc : Placebo, a provoqué l'efficacité attendue... c'est à dire aucune. Entouré de musiciens efficaces mais ayant visiblement le défaut de trop garder le petit doigt sur la couture (on déplore l'ajout accessoire d'une violoniste au jeu trop discret), les chansons ne suscitent plus l'émotion d'antan, les tubes ne se démarquent pas, le répertoire, lissé est absorbés dans une matière sonore trop epaisse que meme la voix de Molko, en "mal" dominant, ne réussi pas a refaire briller.

Il nous a paru plus urgent de nous précipiter vers la vraie sensation de la soirée, Ester Rada qui jouait à la Passerelle. La chanteuse, mi chef d'orchestre mi meneuse de revue, ne s'est pas contentée de séduire le public elle a, fait hautement plus héroïque, apprivoisé l'accoustique plus que capricieuse de ce forum. Si si ! En princesse bien entourée - u
n bassiste au groove profond, un guitariste au sourire rassurant et des cuivres plus que présents et en place pour ce défilé au goût certain - la belle israélo-éthiopienne prodigue, sur le podium, un set ondulant à souhait, empruntant au passage au funk habité de Fela, à l’énergie soul d’Aretha et au scansions reggae qui amènent la foule consentante vers une reprise de Nina. « Feeling good » : oui on se sent bien. La belle irradie et son sourire ouvre toute grandes les perspectives d’une carrière à la fois vouée à plaire aux mélomanes exigeants et aux amateurs de ritournelles facilement enjôleuses. Chapeau bas, madame rada et Yeah, la bomba !

En guise de finition, et paliant sur le vif le forfait dû à l'extinction de voix de la belge Coely, le set garage pop de Wand nous offre un raccord sur mesure avec nos envies d’enfiler le perfecto pour aller retrouver, sur le pavé, le patchwork noctambule des b’art rock briochins avant la cloture définitive.

 

Ce soir, nous attendent d’autres valeurs sûres, le show nocturne de Castelbajac, la reine Christine et la promesse de Superpoze…. Yeah, vraiment, la mode !

Art Rock 2015 # 4
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 22:04
Art Rock 2015 # 3

J-1, l'heure de mettre le cap vers la capitale costarmoricaine, où pendant trois jours nous témoignerons d’une trente-deuxième édition du tonnerre. A Saint Brieuc, nous saurons si Catelbajac peut cohabiter avec Archimède, tant le festival nous pousse chaque année à améliorer nos techniques de brasse et autres déplacements crawlés en foule aquatique. Rassurons-nous, les éclaircies permettront aussi aux briochins et au reste du monde de vérifier si la mode est, au choix, soluble dans l’eau ou tolérante, indice de protection maximal, aux coups de chaud. Prévoyons ponchos stylés, vestes simili cuir lustrées et bottes aigles à pois colorés, chers festivaliers, cette année plus que jamais toutes les audaces sont tolérées !

Nous gageons que les joyaux de l’affiche cette 32ème édition se trouvent au-delà des têtes couronnées (Christine and the Queens, Placebo, Lily Wood and the Prick, The Do, Dominique A...), en regardant d’un peu plus près cette volonté affichée d’élégance, de style. Une édition spéciale mode ! N’est-ce pas un luxe par les temps qui courent ?

Plus que stylés, franchement racés et fleurant bon le psychédélisme décomplexé, trois groupes ont attiré notre attention et ouvert notre appétit :

 

Moodoïd. Un groupe heureux de pédaler dans les nuages, avec la loufoquerie en bandoulière et des dress-codes… imaginaires. L’essai « Je suis la montagne », premier extrait d’un EP sorti e, 2013, a été transformé par Pablo Padovani, le leader du groupe, et ses comparses en un album totalement fou, qu’il est impossible de classer tant il brasse de genres, Le Monde Möö. Il peut vous faire frôler l’indigestion, nous le déconseillons aux estomacs sensibles, mais les gourmands raffoleront de ces tartes à la crème pop, relevées de pincées de musiques du monde. 

Chocolat. Là encore, fi des régimes ou restrictions alimentaires. En terme de calories, ce quintet de Montréal affiche un taux très honorable. Flashback, encore - mais après tout la mode est un éternel recommencement - puisque ce rock à papa bien assumé est totalement jouissif ! Il suffit d’écouter leur album, pour se remémorer que c’est toujours dans les vieux pots que l’on fait les meilleures...  

 

Blue Pills. Le groupe que les fans éplorés de Janis Joplin, Jimi Hendrix, Led Zeppelin et Cream n’osaient plus attendre ! Avec une chanteuse belle comme la Grace (Slick) d’un matin sans nuages, à la voix soul sidérante, ce nouveau fer de lance du blues rock mondial a beau être suédois, il nous replonge illico dans les meilleurs albums du genre. Départ pour Woodstock à 18h30 depuis la Grande Scène, en cette première soirée ! On imagine qu’Izia, qui se produira juste après eux sur la même scène, gardera depuis les coulisses, une oreille plus qu’attentive sur le show de ce quintet dont le son, puissant en diable, est porté par un guitariste français, cocorico !

En cette année 2015, une bonne nouvelle est à relever : le festival se dote d’un nouveau lieu, la « Scène B » consacrée majoritairement aux musiques électroniques les vendredi et samedi, et techno et hip-hop le dimanche.

 

Enfin, puisque l’on parle de style et d’image, il est bon de rappeler que le festival Art Rock c’est aussi du cinéma. Trois films/documentaires sont donnés au Petit Théâtre de La Passerelle et vous permettront de plonger dans trois époques fascinantes du rock. No Future ! La déferlante Punk, de Fred Aujas (sam 23 mai), Des jeunes gens mödernes, docu de Jean-franços Sanz sur la scène post-punk et le docu de Gilles Nadeau, Dr Bowie Et Mister Joness, qui surfe sur l’une des expos les plus médiatiques de l’année « David Bowie Is » à la Philharmonie de Paris (à voir absolument avant le 31 mai !)

 

En haut de l’affiche, enfin, on ne manquera pas la création « Fantômes » de JC/DC, alias Jean-Charles de Castelbajac, égérie musique et mode de cette édition, qui assurera le grand bal du samedi soir aux côtés du DJ Mr Nô et du bagad de Saint Brieuc. Mélange audacieux …. notre curiosité, piquée au vif, nous permettra de tenir éveillés !

 

A demain !

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:29
Art Rock 2015 # 2

Depuis plusieurs années, la programmation d’Art Rock joue la carte de l’éclectisme, n’hésitant pas à faire le grand écart entre grosses têtes d’affiche populaires, artiste culte et trans-génération (l’année dernière Alice Cooper, cette année Placebo) et références indés pointues. Voici selon Euphonies, ce qu’il ne faudra pas rater de cette 32ème édition, quitte à sortir parfois des sentiers battus.

 

  1. Vous venez plutôt écouter de la pop mélodique à la cool :

 

Bien sûr, vous ne raterez pas la performance de Christine & The Queens le samedi 23 sur la Grande Scène à 22 h, grand succès populaire et mérité de l’année 2014. Mais il serait dommage de faire l’impasse sur d’autres propositions tout aussi alléchantes. A commencer par The DO (vendredi 22 Grande Scène à 21h15) qui a bien évolué depuis son premier passage à Art Rock en 2008.  Fort d’un troisième album plus expérimental, bidouillé ET mélodique, le duo promet de passer un moment galvanisant. Idem pour les anglais de Citizens ! qui ont marqué les esprits en 2012 avec leur tube Here we are. L’occasion de constater que le groupe a d’autres ressources, exigeantes et dansantes. Enfin, nous ne saurions trop vous conseiller le combo Ibeyi / Dominique A le dimanche 24 mai au Grand Théâtre à 15h00. Dominique A ? Les lecteurs d’Euphonies comprendront l’évidence. Ibeyi, duo franco-cubain dont l’album éponyme et polyglotte est encensé un peu partout. Vous pourrez dire plus tard : « j’y étais »…

2. Vous êtes plutôt curieux de nouvelles sensations :

 

Sans aucun doute, Isaac Delusion est LE groupe à ne pas rater. Chroniqué dans ces pages, Midnight Sun attend de s’épanouir sur scène et chez Euphonies on attend ça avec impatience (samedi 23 mai au Forum). Pour aller plus loin dans cette même veine, Flavien Berger (samedi Scène B 21h45) et Superpoze (samedi scène B 23h10) incarnent le renouveau de la scène électro française. Deux artistes prometteurs à suivre de près, on y sera. Et profitons au passage pour saluer la venue de Menthol, (anciennement Rafale), deux garçons qui ne manqueront pas d’honorer comme il se doit leur présence sur leur terre d’origine.

Dans un autre genre, plus funk, hip-hop, world, trois noms à retenir. Vaudou Game d’abord, (dimanche 24, 18h00, Grande scène) a fait parler la poudre à chacun de ses concerts. Transe-piration, transe-en-danse, fièvre. Sax Machine se pose là également (dimanche 24, Scène B, 19h). Pour les avoir déjà vus il y a trois ans, le trio n’est pas avare d’improvisations groovy, de générosité musicale et scénique avec un impressionnant bagage jazz / funk. A voir absolument. Enfin, nous sommes curieux de découvrir la prestation de Coely qui affole le public et les critiques à chaque concert. La jeune belge creuse le sillon d’un hip-hop/soul qui a déjà convaincu des  pointures comme Snoop Dog, Kanye West ou De la Soul. Excusez du peu !

 

La suite très vite ! Bonne écoute.

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